Serigne Touba avait été acheminé à Diourbel pour une résidence surveillée alors que la réalité en était toute autre. Cheikh Ahmadou Bamba l'illustre en ces termes :
« S'ils avaient imaginé l'ampleur de ce que j'allais recevoir à Diourbel, ils ne m'auraient jamais interné, car c'est ce qu'il m'élèverait éternellement et les rabaisserait pour toujours. »
A l'annonce de la venue au monde du fils de Sokhna Faty Diakhaté, Serigne Touba, comblé de joie, car ayant reçu ce qui avait fait réellement l'objet de son séjour à Diourbel depuis 1912, écrivit sur le sol :
« Linkhadatil oudjourou wal masaliwou
Bittayi wal djazbi wa inni Saaliwou “
« Tous les bienfaits, dons et grâces de mon SEIGNEUR
Ont très vite accouru vers moi et c'est
en ce moment que je suis devenu
SALIOU ».
C'est de cette manière si particulière qu'il baptisa Serigne Saliou.
Dès son enfance, voué à des méditations solitaires, Serigne Saliou se retirait la plupart du temps dans la forêt.
Sa particularité par rapport aux autres fils de Serigne Touba s'illustrait de plus en plus. Par exemple, Cheikh Ahmadou Bamba parlant à Cheikh Issa Diène rappelait qu'il n'avait point de fils mais que Saliou lui était sien. De plus, il avait ordonné une cuisine exclusivement réservée à son « fils ». Mame Cheikh Ibra Fall dans ses « hadiyas » aux fils de Serigne Touba privilégiait Serigne Saliou car le considérant comme Serigne Touba.
Serigne Saliou : La Réalité Vivante de Serigne Touba
« Wa hab liyal hilma sahiha wal amal
As Saliha lezi you kammiloul amal »
« Accorde-moi une connaissance et des œuvres solides qui me permettront de solliciter votre
''Face Salihou ''qui parachèvera mes œuvres et mes intentions».
« Linkhadatil oudjourou wal masaliwou
Bittayi wal djazbi wa inni Saaliwou “
« Tous les bienfaits, dons et grâces de mon SEIGNEUR
Ont très vite accouru vers moi et c'est en ce moment que JE SUIS DEVENU SALIOU ».
''Guiss bima guiss Serigne Saliou woutéwoul ak guiss bima guiss Serigne touba bama koy weur ba dadié ak moom Mbacké Kadior '', disait Mame Cheikh à sa rencontre avec Serigne Saliou, après la disparition de Serigne Touba.
''...Nioun ndiabottou Serigne Touba kham naniou ni Serigne saliou moy Serigne touba wayé Cheikh Béthio yaw lanu ko wakhlo... '' Disait Serigne Abdoul Ahad
Serigne Saliou a grandement, et de manière discrète contribué à la réalisation des œuvres des khalifes qui l'ont précédés en leur octroyant la totalité des recettes de ses récoltes.
En 1987, sous le règne de Serigne Abdou Lahad, en présence de Serigne Abdou Khadre, de Serigne Souhaïbou, de Serigne Mourtada et de Sokhna Maï Mbacké ; Serigne Saliou éleva Béthio Thioune au grade de ''CHEIKH '', Acte propre et spécifique au fondateur de la voie mouride.
''A Cheikhou Sirou lahi Mou KHadiaboun Bil hidia Bil Bachari. ''
''Fama dieulé ak cheikh fékou mafa tankou gorou yalla '', tels sont les propos de Serigne Touba.
Ainsi pour reprendre l'œuvre de Serigne Touba qu'est le tarbiya, Serigne Saliou créa à travers le pays une trentaine de darras. La conception de Khelcom en 1990 en fut la parfaite illustration.
'' Dama fasyéné yessal yonou mouride ...''
Après tous ses œuvres dans l'ombre, ce n'est qu'en 1993, qu'il déclara publiquement son intention qui était de faire la promotion de l'islam et la continuation de l'œuvre de Serigne Touba.
Serigne Saliou yalla nafi yagg lool té wér
